Pourquoi tant d’adolescentes arrêtent le sport
Adolescence, sport féminin et sophrologie : prévenir le décrochage
L’adolescence est une période charnière où de nombreuses jeunes filles s’éloignent progressivement de leur pratique sportive. Selon l’Observatoire du Sport Féminin, près d’une adolescente sur deux arrête le sport entre 12 et 17 ans et jusqu’à 70 % avant la fin du lycée.
Cet arrêt n’est pas lié à un manque de motivation, mais à un ensemble de transformations corporelles, émotionnelles et sociales souvent invisibles aux adultes.
Derrière chaque abandon, il y a une histoire: un corps qui change trop vite, un regard qui pèse, une pression scolaire et sportive difficile à concilier.
Ces mécanismes s’inscrivent plus largement dans les enjeux de santé mentale chez les jeunes sportifs, où la pression et le mal-être restent encore trop peu identifiés.
Beaucoup ne trouvent simplement pas d’espace pour exprimer ce qu’elles vivent réellement.
Dans ma pratique de sophrologue, j’accompagne régulièrement des adolescentes sportives qui traversent ces périodes de doute, de déséquilibre ou de perte de motivation. Beaucoup expriment pour la première fois ce qu’elles n’osaient pas dire dans le cadre sportif ou familial.
Le corps en transformation à l’adolescence
Changements physiologiques rapides
La croissance, les variations hormonales, la fatigue accrue et les douleurs créent un terrain de fragilité. Beaucoup de sportives disent ne plus se reconnaître et perdre leurs repères corporels. Ces transformations peuvent survenir plus vite que la capacité de l’adolescente à les intégrer, générant une sensation de déséquilibre et de malaise dans la pratique.
Cycle menstruel et sport chez les adolescentes
Douleurs, inconfort, variations émotionnelles… le cycle menstruel influence profondément l’expérience sportive. Pourtant, dans de nombreux clubs, le sujet reste tabou. Les adolescentes apprennent à se taire, à « faire comme si », par peur d’être jugées ou perçues comme « moins motivées ».
« Je n’osais pas dire que mes douleurs pendant mes règles m’empêchaient de m’entraîner normalement. » INSEP
Ce silence engendre un isolement supplémentaire: elles vivent quelque chose de normal, mais se sentent seules. Lorsque le cycle survient en pleine période de préparation ou de compétition, la pression devient difficile à gérer.
Image corporelle et confiance des jeunes sportives
Le regard des autres, la comparaison permanente et la sexualisation précoce du corps féminin fragilisent profondément la confiance des adolescentes. Chaque changement corporel peut devenir une source de doute, notamment lorsque les tenues sportives sont perçues comme inconfortables. Les sensations de gêne, de honte ou de peur du jugement peuvent progressivement éloigner les jeunes sportives de leur pratique.
Le travail sur le schéma corporel constitue alors un levier essentiel pour restaurer une relation plus apaisée au corps.
Pressions sociales et stéréotypes dans le sport féminin
Attentes implicites envers les filles
Les adolescentes ressentent souvent des attentes non exprimées: rester discrètes, sages, souriantes, ne pas « trop en faire ». Leur apparence est fréquemment commentée davantage que leurs performances. Ce focus sur le corps plutôt que sur l’effort peut fragiliser motivation et sentiment de légitimité.
Certains sports restent associés à des représentations ancrées : trop physiques ou
«pas faits pour les filles». Même implicites, ces idées circulent dans vestiaires, tribunes ou familles, créant un doute sur la place et les capacités des adolescentes.
J’ai récemment échangé avec une jeune fille qui pratique le rugby, un sport qu’elle aime profondément. Malgré le soutien de ses parents, elle me confiait recevoir encore des remarques sur son corps, notamment sur ses épaules, ou sur le fait qu’elle pratique un sport jugé « trop physique » pour une fille.
Elle remarque aussi que certaines plaisanteries ou réflexions déplacées ne sont jamais adressées aux garçons. Autour des terrains, elle a même vu son père intervenir face à une remarque insultante qu’elle n’entendrait jamais lors des matchs de son frère.
Ces situations, même si elles ne sont pas quotidiennes, laissent une empreinte durable. Elles rappellent aux adolescentes qu’elles doivent encore « justifier » leur présence dans certains sports, et cela peut peser sur leur confiance, leur motivation et leur sentiment de légitimité.
Manque de modèles féminins accessibles
L’identification aux championnes médiatiques est limitée: ce sont surtout les figures proches entraîneures, sportives expérimentées, femmes dans l’encadrement qui légitiment la pratique. Dans de nombreux clubs, les jeunes sportives manquent de ces modèles féminins accessibles, ce qui peut renforcer le sentiment d’être « à part » et devoir constamment prouver sa place.
Les freins invisibles
Matériel et contraintes économiques
Les adolescentes disposent souvent de moins de choix en matière de matériel, qui peut être moins adapté à leurs besoins. L’INSEP souligne que l’équipement varie selon le sexe, l’âge ou le milieu social. Le corps évoluant rapidement, certains articles, comme les brassières de sport, doivent être renouvelés fréquemment, ce qui peut représenter un coût difficile à assumer pour les familles.
Cet inconfort matériel, même secondaire, fragilise motivation, confiance corporelle et plaisir de pratiquer. Il s’agit d’un frein réel, souvent invisible, qui contribue au décrochage.
À ces freins s’ajoute également le manque de structures sportives féminines accessibles dans certains territoires. L’offre reste parfois limitée, obligeant les adolescentes à s’intégrer dans des groupes majoritairement masculins ou à parcourir de longues distances, ce qui peut accentuer le sentiment de décalage et favoriser l’abandon.
Certaines de ces situations vous sont familières ?
Un échange permet parfois de mettre des mots sur ce qui se joue et d’envisager des pistes adaptées, en toute simplicité.
Blessures et peur de reprendre le sport à l’adolescence
Les blessures sont fréquentes à l’adolescence: entorses, fractures, douleurs persistantes. Au-delà de la guérison physique, la peur de rechuter persiste, fragilisant la confiance corporelle.
Spécificité adolescente: Les changements corporels rapides et le regard des pairs amplifient la peur de l’échec ou de la douleur. Même après guérison, certaines adolescentes hésitent à reprendre, craignant de « ne plus être capables » ou de décevoir.
Quand la blessure isole et fragilise la motivation
La sophrologie peut interviens ici pour:
- Reconnecter le corps et l’esprit, apaiser la peur et l’anxiété liées à la blessure.
- Permettre un retour progressif et confiant.
- Renforcer la stabilité corporelle et émotionnelle, spécifique aux adolescents.
Le rôle des adultes: soutenir sans surcharger
Parents, entraîneurs et enseignants jouent un rôle essentiel, mais leurs attentes peuvent devenir une source de pression supplémentaire. Certaines adolescentes s’efforcent de répondre à des exigences qu’elles imaginent, même si personne ne les formule explicitement.
Sans motivation, tout devient plus difficile:
les défis sportifs pèsent, la charge scolaire fatigue, et les transformations liées à l’adolescence déstabilisent. La sophrologie aide à retrouver un ancrage intérieur, à distinguer ce qui est ressenti réellement de ce qui est imaginé, et à reconnecter la pratique avec le plaisir et le sens.
Comment la sophrologie peut prévenir l’arrêt du sport chez les adolescentes
La sophrologie offre aux adolescentes un espace pour se recentrer, comprendre ce qu’elles vivent et retrouver une stabilité intérieure.
- Conscience corporelle : repérer la fatigue, prévenir le surmenage, respecter les limites du corps.
- Gestion du stress : compétitions, exigences scolaires et transformations adolescentes deviennent plus gérables.
- Confiance en soi : visualisations, respiration et projection positive renforcent les ressources et le potentiel.
- Préservation du plaisir : retrouver le sens et la cohérence intérieure, moteur principal de motivation.
En accompagnant les jeunes sportives ainsi, la sophrologie devient un soutien transversal : elle nourrit la motivation, la sérénité et la persévérance, permettant une pratique durable et alignée avec leurs besoins et leur identité en pleine construction.
L’adolescence est une période de transformation profonde où corps, émotions et repères évoluent simultanément. Pour les jeunes sportives, blessures, pression sociale, regard des autres, matériel inadapté et attentes des adultes créent un terrain propice au décrochage.
La sophrologie permet de se recentrer, d’écouter son corps, de clarifier ses besoins, de renforcer la confiance et de préserver le plaisir.
Elle offre aux adolescentes un soutien concret pour traverser cette période sensible, rester connectées à leur motivation et construire une pratique sportive durable et épanouissante.
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Cet entretien permet de clarifier la situation et de voir comment la sophrologie peut accompagner une pratique sportive plus sereine et durable.
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